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Ce matin, encore, merveille des merveilles, je m’éveille dans une quiétude intérieure, sans rides, ni vagues, une quiétude immobile qui reflète simplement tout ce qui est, comme la surface d'un étang un jour sans vent.
J’ai vraiment travaillé dur pour essayer de trouver cet état d’être, dans lequel le mental ne vient plus faire son show.
J'ai investi temps et énergie à lire les plus grands sages, à essayer de mettre en pratique leurs enseignements, à méditer, à visualiser, à observer.
J’ai vidé, chassé, nettoyé, pensées anxieuses et sentiments inconfortables, idées rigides et croyances inconscientes, jugements acerbes et conditionnements non repérés.
J’ai pris conscience aussi de mes nobles idéaux et aspirations spirituelles, de ce vrai désir de me réveiller.
Alors j’ai mis de l’ordre dans ma maison intérieure, du mieux que j’ai pu afin de trouver de l’espace, de la simplicité, de la quiétude, de la confiance et … de la joie…
Et régulièrement quelques saletés bien cachées, bien tapies émergeaient pour révéler que l'immobilité n'était pas là.
Seule l'illusion instable de l'immobilité était là.
C’est alors que je me suis donné la permission d’être tout simplement, comme peut l’être une maison… en désordre ou bien
rangée… bruyante ou silencieuse… triste ou joyeuse.
Je me suis arrêtée de "travailler" car je me suis rendue compte que cette maison que je cherchais à embellir,
un jour pouvait brûler ou être démolie et qu’aucune rénovation ne compterait. Le manoir bien construit d'un ego n'est pas plus vrai que celui d’un bidonville.
Ce qui a passablement effrayé le rénovateur de maison en moi, mon ego occupé à aimer son domicile.
Et croyez-moi, lorsque cette vérité s’est mise à vivre en moi, les cendres de qui-je-pensais-que-j’-étais se sont envolées.
Ce qui s’est manifesté ?
Un soulagement sans bornes, c’est tellement plus simple de lâcher-prise, d’être, de juste être, d’accepter ce qui est, de ne plus se contraindre, d’observer et de sourire avec beaucoup d’indulgence et d’humilité et de confiance, d’oser être en colère, ou triste, ou énervée et d’apprécier quand c’est la joie ou la paix qui s’installe….
J’y ai trouvé une liberté qui me permet d’atteindre des hauteurs ou des profondeurs infinies, une vérité non construite, non surfaite, une immensité sans murs.
Je suis devenue une
sans-abri, sans l’abri de mes désirs ou de ma volonté qui ne me donnent que l’illusion d’exister.
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